Des chiens en maisons de retraite


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Des chiens en maisons de retraite
Des chiens en maisons de retraite

La personne âgée, par définition, a beaucoup de mal à établir une communication, quelle qu'elle soit, avec un individu. Elle a tendance à se renfermer, à refuser tout échange, à rester sur ses positions sans éprouver le besoin ni l'envie d'aller vers l'autre, de faire un effort dans sa direction. Si la personne âgée a décidé de mettre un vêtement trop chaud ou trop léger par rapport à la saison, ce sera désespérément dur, pour ne pas dire impossible, de la faire changer d'avis.

Lorsqu'elle intègre une maison de retraite, son caractère devient encore plus dur et méfiant, elle ne connaît pas ces étrangers qui prétendent s'occuper d'elle, elle refuse de recevoir les soins, elle ne veut pas se joindre aux autres pensionnaires pendant l'heure des repas ou des activités communes.

Comme si ce n'était pas suffisant, la situation se corse encore davantage, lorsque le pensionnaire souffre d'une pathologie telle que la maladie d'Alzheimer ou autres troubles apparentés.



La personne qui est atteinte de la maladie d'Alzheimer a beaucoup de mal à établir un semblant de conversation avec d'autres personnes car ses idées s'embrouillent, sa mémoire lui fait défaut, ainsi il n'est pas très agréable de tenir une conversation qui n'a ni queue ni tête.

Pour se protéger et s'éviter de telles hontes et malaises, les malades Alzheimer ou autres, se renferme dans leur monde, certes inintéressant, qui n'a ni passé ni futur, mais toutefois protégé et sécurisé.

Les animateurs en maisons de retraite se devaient de trouver une solution pour établir un pont entre ces personnes, qui peuvent se montrer très enrichissantes par moment et le reste du personnel ou pensionnaires.

Il fallait donc trouver un moyen de communication plus simple où les malades ne ressentiraient pas ce sentiment d'infériorité ou d'inutilité, où ils pourraient avoir un échange sans se faire juger. C'est la thérapie par l'animal.



La maison de retraite La Roselière, à Kunheim, dans le Haut-Rhin, compte parmi ses aides-soignants Tracy, Dakar, Upton et Virgule, trois labradors et un retriever. Le principe d'un aide-soignant n'est il pas d'aider les malades ? Ces infirmiers à quatre pattes ont été évidemment formés pour leur mission. Ils n'aboient pas, ne sautent pas sur les pensionnaires, ne les effraient pas. Ils ne font que leur tenir compagnie, leur procurer du bonheur, leur montrer qu'il existe encore une façon de renouer avec un être vivant sans avoir à se justifier ou entreprendre de longues conversations qui sont une véritable plaie pour la plupart des pensionnaires. "L'animal vient pallier les nombreux manques affectifs, sociaux, en milieu institutionnel. Il fournit une sorte de communication non verbale qui rassure et réconforte. Les animaux procurent de l'amour et de l'affection, sans condition et sans jugement", commente Mr Robert Kohler, directeur de la Roselière.

Les toutous ont passé une formation de deux ans. Tout d'abord, en famille d'accueil, puis en centre spécialisé.

Les aides médico-psychologiques de la Roselière, Mmes Christelle Wolff et Camille Marchal approuvent absolument cette démarche et sont entièrement séduites par l'innovation. "Depuis que je travaille avec eux (les chiens), je vois la différence. Les résidents, grâce à la médiation de l'animal, engagent des conversations entre eux. Cela crée du lien, analyse Christelle Wolff. Quand les résidents ont passé une mauvaise nuit, ou qu'ils sont angoissés, on peut leur laisser un chien pendant trois quarts d'heure. Cela les apaise." Côté soins, les animaux facilitent la tâche également"Je faisais les bains avec Dakar, et une personne qui veut toujours sortir de l'eau est restée paisible grâce à lui. C'était un moment magique", déclare Mme Marchal avec beaucoup d'émotion dans la voix.

Cette idée relève du génie. Beaucoup de résidences avaient mis en place des animations ponctuelles avec des animaux mais La Roselière a résonné différemment, s'il existe quelque chose qui peut faire du bien aux résidents, pourquoi ne pas leur donner cette possibilité tous les jours, plutôt qu'une heure par mois ? "En acceptant un animal, on montre la capacité d'ouverture des établissements aux droits sociaux et culturels des personnes âgées, explique le directeur de la résidence. C'est une population fragilisée à qui on doit beaucoup plus que les autres, alors qu'on a tendance à les écarter."

L'aventure commence. Résidents, aides soignants humains et aides soignants animaliers, sont enchantés de cette nouvelle expérience.

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