GES - Grille d'évaluation de la sécurité


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La grille GES permet justement d’évaluer de manière objective les risques liés au maintien à domicile et la sécurité de l’environnement dans lequel évolue la personne âgée. Mais quels critères cette grille prend-elle en considération ? Comment fonctionne-t-elle ? Et qui peut l’utiliser ? On vous explique tout.

Aidant naturel et environnement
La personne âgée habite seule
Cette personne est seule chez elle
Usage du tabac
Elle laisse des marques de brûlure de cigarettes sur le sol, les meubles ou ses vêtements
Feu et brûlure
Les boutons d'allumage de la cuisinière sont
Cette personne est capable d'allumer elle-même les feux de la cuisinière
Elle fait chauffer ses aliments elle-même
Cette personne oublie une casserole sur le feu
Le système de chauffage fonctionne...
Nutrition et risque d'intoxication
Cette personne reçoit des repas préparés
Les repas de cette personne sont composés d'aliments de différents groupes alimentaires (produits laitiers, viande ou poisson, céréales, fruits et légumes)
Cette personne peut faire la différence entre une nourriture fraîche ou avariée (passée de date)
Médication et problème de santé
Cette personne prend régulièrement
Cette personne prend des médicaments pour l'aider à dormir ou à se relaxer
Cette personne souffre-t-elle de problèmes de santé physique ?
Cette personne accepte de se faire soigner pour ses problèmes de santé physique
Errance et adaptation aux changements de température
Cette personne se perd dans des lieux familiers
Cette personne s'est-elle déjà perdue ?
Cette personne peut-elle retrouver le chemin pour rentrer chez-elle ?
S'habille-t-elle de façon appropriée selon les changements de température (intérieur et extérieur) ?
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Qu’est-ce que la grille GES ?

La grille d’évaluation de la sécurité (GES) est un outil conçu pour mesurer les risques auxquels sont exposées les personnes âgées atteintes de troubles cognitifs et vivant à domicile. Elle aide les familles et les professionnels à déterminer si l’environnement de vie reste suffisamment sûr et à identifier les situations nécessitant une intervention.
Avant la GES, l’évaluation de ces risques reposait principalement sur l’appréciation des soignants. La grille a changé la donne en proposant une méthode fondée sur des critères précis et standardisés, communs à l’ensemble des professionnels de santé.

À retenir

La GES n’est pas réservée aux médecins. Tout intervenant (infirmière, ergothérapeute, aide à domicile) peut s’en servir. Les proches aidants peuvent également l’utiliser afin d’obtenir une première évaluation des risques liés au maintien à domicile.

Pourquoi la GES est-elle indispensable ?

Il n’est pas toujours simple de repérer les dangers à domicile. Or, si l’on agit trop tard, les conséquences peuvent être graves.

Parce que les accidents à domicile sont une réalité

Lorsqu’une personne âgée souffre de troubles cognitifs, elle peut se mettre en danger involontairement : oublier d’éteindre la cuisinière, prendre deux fois ses médicaments, sortir seule et se perdre… Ces risques peuvent s’accumuler et s’amplifier au fil de l’évolution de la maladie, avec des conséquences parfois graves : chute, intoxication, incendie, fugue, malnutrition. La GES permet de mettre des mots sur ces dangers et de les quantifier, pour agir avant qu’il ne soit trop tard.

Parce qu’elle aide à prendre les bonnes décisions

Face à la fragilité de leur proche âgé, beaucoup de familles se posent la même question délicate : est-il encore en sécurité chez lui ? La grille GES leur fournit des éléments clairs et objectifs pour mesurer l’urgence de la situation. Parfois, quelques travaux d’aménagement ou la mobilisation de certaines aides suffisent. Mais parfois, une prise en charge en maison de retraite médicalisée doit être envisagée.

À retenir

La GES ne vise pas à retirer leur autonomie aux seniors. Elle vise à les protéger pour qu’ils puissent rester dans leur logement le plus longtemps possible, en toute sécurité.

Comment fonctionne la grille GES ?

La grille d’évaluation de la sécurité se présente sous forme de questionnaire à choix multiple.

Deux versions selon la situation

  • La version courte (19 questions) : il s’agit de la version que nous vous proposons de réaliser en ligne. Cet outil de dépistage rapide permet d’identifier en peu de temps les situations à risque.
  • La version longue (32 questions) : plus développée, elle permet une analyse approfondie. Elle est utilisée quand la version courte signale un risque élevé.

Des questions simples, des réponses pondérées

Chaque question évalue une situation du quotidien. Par exemple : « Cette personne est-elle seule chez elle ? » Différentes réponses sont envisageables : Toujours, La plupart du temps, À l’occasion, Jamais. Chaque réponse est associée à un score, et le total final permet d’estimer le niveau de risque global.

Ce que dit le score

Pour la version abrégée, le score obtenu oriente vers l’un de ces trois résultats :
  • Score faible → Pas d’évaluation approfondie nécessaire pour le moment.
  • Score moyen → Une évaluation plus poussée est recommandée.
  • Score élevé → Une évaluation approfondie est obligatoire. Des mesures doivent être prises rapidement.

À retenir

Un score élevé ne signifie pas que le senior doit quitter son domicile immédiatement. Il signifie qu’il faut agir vite pour sécuriser la situation.

Quels risques la grille GES évalue-t-elle ?

Les grandes catégories de danger dans le logement

La GES passe en revue les risques les plus fréquents chez les seniors souffrant de troubles cognitifs, avec une attention particulière sur :
  • Les chutes : déplacements instables, escaliers, mobilier inadapté…
  • Les incendies : gazinière oubliée allumée, usage du tabac sans surveillance…
  • La prise de médicaments : oublis, doubles prises, confusions entre boîtes…
  • L’errance et les fugues : sorties non encadrées, risque de se perdre ou d’errer seul dehors…
  • La malnutrition : difficultés à préparer les repas, oubli de manger…
  • Les accidents avec l’eau : robinets laissés ouverts, risques d’inondation…

L’isolement, un facteur aggravant

L’isolement est un facteur aggravant de la perte d’autonomie mais aussi des risques encourus à domicile. C’est pourquoi la grille tient également compte du contexte de vie : la personne vit-elle seule ? A-t-elle des visites régulières ? Est-elle surveillée une partie de la journée ? Plus une personne est isolée, plus les conséquences d’un accident peuvent être graves.

Qui peut utiliser la grille GES ?

Les familles et les aidants

Si vous accompagnez un parent âgé atteint de la maladie d’Alzheimer ou d’une autre forme de démence, la GES peut vous aider à repérer les points faibles de son logement. À partir des informations récoltées, il est possible d’envisager des solutions concrètes avec les soignants, en s’appuyant sur des éléments tangibles plutôt que sur des impressions.

Les professionnels de santé et du secteur médico-social

Infirmières à domicile, médecins généralistes, ergothérapeutes, assistants sociaux… De nombreux acteurs du secteur médico-social s’appuient sur la GES pour mieux analyser l’environnement de vie de leur patient âgé et mettre en place des plans de soins adaptés.

À retenir

La GES s’inscrit dans une démarche globale d’évaluation gériatrique. Elle se complète avec d’autres outils comme la grille AGGIR (perte d’autonomie) ou le MMSE (troubles cognitifs).

Comment utiliser la grille GES pour évaluer votre proche ?

La grille GES peut être complétée par un proche aidant ou un professionnel connaissant bien la personne âgée. Pour obtenir un résultat pertinent, il est important de répondre aux questions en se basant sur les habitudes réelles du senior au cours des dernières semaines, et non sur des situations exceptionnelles.
Prenez le temps d’observer son quotidien : oublie-t-il parfois de prendre ses médicaments ? Laisse-t-il la porte ouverte ou les plaques de cuisson allumées ? Se déplace-t-il en sécurité dans son logement ? Plus vos réponses seront précises, plus l’évaluation reflétera fidèlement la réalité.

Quels travaux engager après une évaluation GES ?

Après avoir identifié les risques, il faut mettre en place des solutions pour les réduire. Bien souvent, des travaux d’aménagement du logement sont à envisager, afin de sécuriser l’espace de vie sans le transformer en environnement hospitalier :
  • Installer des barres d’appui dans la salle de bain et les toilettes.
  • Poser des revêtements de sol antidérapants.
  • Sécuriser la cuisinière avec un coupe-gaz automatique.
  • Mettre en place un pilulier hebdomadaire avec alarme.
  • Installer des détecteurs de fumée supplémentaires.
  • Poser un éclairage automatique dans les couloirs la nuit.
  • Équiper le senior d’un bracelet de géolocalisation.
  • Installer un système de téléassistance ou de détection des chutes.
Ces travaux peuvent être financés en partie par des aides publiques, notamment l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) ou les aides de l’ANAH pour l’adaptation des logements.

GES : un outil validé scientifiquement

La GES a été développée par une équipe de recherche dirigée par le Dr Louise Poulin de Courval à l’Université McGill. Avant sa diffusion, elle a été validée auprès de 176 personnes atteintes de démence vivant à domicile dans trois provinces canadiennes (Québec, Alberta et Colombie-Britannique). Disponible en français et en anglais, elle est aujourd’hui utilisée pour évaluer les risques liés au maintien à domicile selon des critères précis et standardisés.

GES et autres outils : comment s’y retrouver ?

Il existe plusieurs grilles d’évaluation pour les seniors, chacune avec un objectif différent. Elles ne se remplacent pas : elles se complètent pour dresser un tableau complet de la situation d’une personne âgée fragile.
  • GES : les risques d’accident dans le logement (personnes avec démence).
  • Grille AGGIR : le niveau de dépendance (pour l’APA).
  • MMSE / MoCA : les troubles cognitifs.
  • GDS : la dépression chez le senior.
  • Test de Berg : l’équilibre et le risque de chute.

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