Où en sont les traitements de la maladie d’Alzheimer ?


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Où en sont les traitements de la maladie d’Alzheimer ?
Où en sont les traitements de la maladie d’Alzheimer ?

Des chercheurs auraient trouvé le moyen d'introduire un traitement efficace directement dans le cerveau des malades d'Alzheimer. 

Face à la maladie d’Alzheimer, principale maladie neurodégénérative qui concerne 72% des résidents en maison de retraite et représente 225 000 nouveaux cas chaque année, la médication reste globalement impuissante. Si dans certains cas, trop rares, on constate une amélioration des fonctions cognitives, les médicaments actuellement sur le marché visent plutôt la stabilisation de la progression de la maladie et la prise en charge des symptômes. Pourtant, certaines avancées scientifiques réveillent en nous une lueur d’espoir. Où en sont les recherches dans le traitement de la maladie d’Alzheimer ?

 

La maladie d’Alzheimer se manifeste par deux caractéristiques physiologiques au niveau du  cerveau : la présence de plaques séniles et la dégénérescence neurofibrillaire. Si certains facteurs de risque sont mis en évidence, nous ne connaissons, à ce jour, pas de cause en particulier provoquant ces mécanismes liés à la maladie. Les plaques séniles sont constituées principalement d’un peptide amyloïde, normalement présent dans l’organisme , mais qui a tendance, dans un cerveau atteint de la maladie, à s’agréger et à s’enchevêtrer sous la forme de plaques séniles, en continuelle augmentation. Les dégénérescences neurofibrillaires, quant à elles, sont des enchevêtrements de fibrilles situés, cette fois-ci, à l’intérieur des neurones. 

“La maladie d’Alzheimer affecte la mémoire à court terme ainsi que la mémoire explicite, mais ne touche pas la mémoire implicite.”

Quelle mémoire est atteinte lors de la maladie d’Alzheimer ? 

Les premiers symptômes de la maladie sont généralement des troubles de la mémoire. Il est  important de faire une distinction entre les différents types de mémoire dont nous disposons pour fonctionner au quotidien. 

La mémoire à court terme, que l’on appelle également “mémoire de travail”, nous permet de mémoriser des informations de courte durée comme des adresses ou numéros de téléphone et fait appel à la région du cortex préfrontal. 

La mémoire à long terme comprend la mémoire implicite et la mémoire explicite. La mémoire implicite réunit nos processus inconscients et capacités motrices, comme savoir faire du vélo, par exemple. La mémoire explicite regroupe une mémoire épisodique, ou autobiographique et celle qui définit notre culture générale, ou mémoire sémantique. 



“La personne atteinte de la maladie d’Alzheimer aura également tendance à chercher ses mots, à les confondre, à oublier en premier lieu les notions abstraites et à utiliser des formules générales en remplacement des expressions exactes.”

La maladie d’Alzheimer affecte la mémoire à court terme ainsi que la mémoire explicite, mais ne touche pas la mémoire implicite. L’atteinte de la mémoire épisodique explique notamment les difficultés à se repérer dans le temps et l’espace, d’où la nécessité de créer un environnement surveillé pour la personne et, dans la plupart des cas, envisager une entrée en maison de retraite disposant d’une unité consacrée aux malades d’Alzheimer.  La personne atteinte de la maladie d’Alzheimer aura également tendance à chercher ses mots, à les confondre, à oublier en premier lieu les notions abstraites et à utiliser des formules générales en remplacement des expressions exactes, car la mémoire sémantique est atteinte. Le malade rencontrera aussi des difficultés à se servir des ustensiles habituels, ce qui engendre généralement des incapacités dans les gestes du quotidien et une perte d'autonomie progressive. Par ailleurs, les troubles cognitifs peuvent créer des perturbations du comportement comme agitation, agressivité ou certains comportements de désinhibition, par exemple. Des hallucinations peuvent également survenir dans une évolution plus tardive de la maladie.

Quels sont les traitements actuels de la maladie d’Alzheimer ?

Il existe des traitements spécifiques et non-spécifiques de la maladie. 

Les traitements non-spécifiques comme les neuroleptiques, par exemple, agissent essentiellement sur les troubles comportementaux, afin d’en limiter la manifestation. L’état dépressif souvent associé à la maladie fait par ailleurs souvent l’objet d’une prescription d’anti-dépresseurs. 

Les traitements médicamenteux spécifiques de la maladie d’Alzheimer se regroupent en deux grandes catégories. 

Les anticholinestérasiques comme donépézil, galantamine ou rivastigmine qui visent à augmenter le taux d'acétylcholine dans le cerveau paraissent améliorer le comportement du malade.

La mémantine, quant à elle,est un antagoniste du glutamate. En effet, ce neurotransmetteur est généralement libéré au moment de la mémorisation, mais chez les malades d’Alzheimer il s’accumule et devient toxique. 

“ Il existe une protéine spécifique nommée “facteur de croissance neuronale”, possédant des propriétés réparatrices et capable de ralentir la progression de la maladie.”

Un médicament apporté directement au cerveau des malades d’Alzheimer 

Rappelons que la principale cause de la maladie d’Alzheimer est l’accumulation d’une protéine appelée bêta-amyloïde (Aβ) dans les tissus cérébraux. C’est cette protéine accumulée qui est responsable de la mort des neurones, dans différentes régions du cerveau.

Or, il existe une protéine spécifique nommée “facteur de croissance neuronale”, possédant des propriétés réparatrices et capable de ralentir la progression de la maladie. Ses propriétés ont été prouvées scientifiquement mais, jusqu’ici, la science s’est toujours confrontée à un inconvénient majeur : trouver un moyen de faire parvenir cette protéine au cerveau. En effet, notre cerveau est doté d’une barrière hémato-encéphalique (BHE) qui le protège de toute infiltration étrangère comme les bactéries ou autres substances nocives. Cette protéine spécifique qui permettrait de lutter contre la mort des neurones ne parviendrait donc pas à franchir la barrière hémato-encéphalique. Certains essais cliniques ont déjà tenté d’injecter la protéine dans le cerveau au moyen d’un cathéter, mais cette méthode invasive comporte de gros risques pour les patients.

Des chercheurs de l’Institut israélien de Technologie et de l’Université de Bar-Ilan espèrent avoir récemment trouvé le moyen de faire parvenir la protéine au cerveau grâce une puce de silicium à l’échelle nanométrique. La puce chargée en protéine thérapeutique est constituée de manière à libérer progressivement la substance active dans la zone ciblé du cerveau, pour ensuite s’y dégrader entièrement, sans aucun risque pour le patient. L’avantage de la puce est qu’elle permet l’introduction de la protéine directement dans le cerveau, sans qu’elle ait besoin de franchir la barrière hémato-encéphalique. 

Les chercheurs sont parvenus à implanter avec succès la puce dans le cerveau d’un animal vivant, avec l’aide d’un “pistolet à gènes”, initialement conçu pour injecter l’ADN dans des cellules végétales. L’étude a donc également porté sur la façon optimale d’utiliser le pistolet à gènes. Sous une forme proche de celle d’un vaporisateur nasal, le pistolet injecte la puce de silicium, avec les particules de protéines, par le nez, qui est directement relié au cerveau, contournant ainsi la barrière hémato-encéphalique. 

Des études pré-cliniques sont actuellement menées et devraient, si tout se passe bien, conduire à des essais cliniques. 


#Alzheimer, #maisons de retraite

Dossier Alzheimer : Comment se comporter avec un malade Alzheimer - Conseils Retraite Plus

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