Comment meurt-on de la maladie à corps de Lewy: comprendre l'évolution et la fin de vie


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Comment meurt-on de la maladie à corps de Lewy: comprendre l'évolution et la fin de vie
Comment meurt-on de la maladie à corps de Lewy: comprendre l'évolution et la fin de vie

La maladie à corps de Lewy (MCL) évolue progressivement sur plusieurs années. Les proches voient peu à peu l’état de leur parent âgé se dégrader. Les troubles cognitifs s’accentuent, la perte d’autonomie devient plus sévère et la prise en charge à domicile devient de plus en plus complexe. 

Au fil du temps, la maladie bascule doucement vers son stade final.  Une période difficile qui suscite de nombreuses questions chez les familles : comment meurt-on de la maladie à corps de Lewy ? Quelle est l'espérance de vie réelle à ce stade ? Quels soins de confort et quelles solutions d'hébergement faut-il privilégier pour accompagner dignement leur parent en fin de vie ? 

 

En bref

  • La maladie à corps de Lewy est une forme de démence neurodégénérative qui affecte les fonctions cognitives, le comportement, l'humeur et la motricité.
  • Elle présente des symptômes similaires à ceux de la maladie d'Alzheimer et de Parkinson, mais évolue différemment à travers trois stades principaux allant de légers à une dépendance totale.
  • En phase terminale, les patients souffrent d'aggravation des troubles cognitifs, d'hallucinations visuelles fréquentes et de troubles moteurs sévères, entraînant une perte d'autonomie significative.

Qu'est-ce que la maladie à corps de Lewy et comment évolue-t-elle ?

La maladie à Corps de Lewy fait partie des 5 types de démence les plus fréquents. Il s’agit d’une maladie neurodégénérative qui est souvent définie comme un « mélange » entre Parkinson et Alzheimer.

Quelles sont les caractéristiques de la maladie à Corps de Lewy ?

La maladie à corps de Lewy (MCL) est une forme de démence complexe causée par l'accumulation de protéines anormales dans le cerveau. Cette pathologie altère progressivement : 

- les fonctions cognitives, 

- le comportement, 

- l'humeur 

- la motricité. 

Au début de la maladie, le diagnostic peut être difficile à poser car les premiers symptômes sont souvent discrets ou se confondent avec les effets naturels du vieillissement. 

Lire aussi : Dépister la maladie d’Alzheimer en quelques minutes grâce au Codex.

 

 

Quelles différences entre la MCL et la maladie d'Alzheimer et de Parkinson ?

La MCL s’apparente à la maladie d’Alzheimer par :

- Les pertes de mémoire,

- Les troubles cognitifs fluctuants,

- La désorientation progressive de la personne.

Elle est similaire à la maladie de Parkinson par :

- La rigidité musculaire et les tremblements au repos,

- Les troubles sévères de la marche et de l'équilibre,

- Le ralentissement général des capacités motrices des patients.

Bien que les symptômes de ces maladies soient assez ressemblants, elles n'évoluent pas de la même manière.

 

Quels sont les stades d'évolution de la maladie à corps de Lewy ?

La MCL évolue en trois stades principaux et aboutit généralement à une dépendance totale.

Le stade léger est marqué par des troubles du sommeil paradoxal et des fluctuations discrètes de l’attention.

Au stade modéré, la démence s'installe. Elle s’accompagne d'hallucinations visuelles détaillées, d'anxiété et de pertes de repères. 

Le stade terminal se caractérise par une perte d'autonomie physique et cognitive totale, des raideurs sévères et des fausses routes.

Pour en savoir plus sur l’évolution des maladies neurodégénératives, vous pouvez consulter notre guide sur la démence sénile et ses différents stades.

 

 Les chiffres clés de la maladie à Corps de Lewy

 

Quels sont les signes de fin de vie chez les personnes atteintes de la maladie à corps de Lewy?

Différents symptômes permettent de reconnaître la phase terminale chez les malades.

L'aggravation des troubles cognitifs et des hallucinations visuelles

En fin de vie, les troubles cognitifs sont de plus en plus sévères : 

- Les symptômes s’intensifient. La personne atteinte vit dans une confusion quasi permanente. 

- Les hallucinations visuelles sont plus fréquentes et génèrent de l’anxiété. 

- La perte de repères est plus marquée. Le patient peine à reconnaître ses proches.

Lire aussi : Alzheimer : top 10 des super aliments pour prévenir la démence

 

Les troubles moteurs sévères et les chutes fréquentes

En fin de vie, les symptômes moteurs de la MCL s'aggravent de façon très significative. Le malade ne peut effectuer que très peu de mouvements. La perte d’autonomie est très sévère. 

Comme les muscles deviennent très raides et que la personne n’a plus l’équilibre, le risque de chute devient très important. La marche n'est alors plus possible et il doit rester confiné au lit.

À ce stade, l'accompagnement et les soins sont très difficiles à effectuer à la maison tant pour le malade que pour son entourage.

 

Les complications respiratoires et troubles de la déglutition

Au stade terminal, les malades ont de sévères difficultés à avaler. C’est ce que l’on appelle la dysphagie. Ces troubles de la déglutition provoquent alors des fausses routes fréquentes : la nourriture pénètre accidentellement dans les voies respiratoires. Ces incidents peuvent entraîner des infections pulmonaires graves telles que des pneumonies.

Le malade peut alors redouter de boire ou de manger ce qui augmente le risque de dénutrition et de déshydratation. C’est pourquoi, à ce stade, ce sont souvent des proches ou des soignants qui le nourrissent.

 

Les fluctuations importantes de l'état de conscience

La maladie à corps de Lewy est d’autant plus déstabilisante que l’état du malade varie dans la journée. D’une heure à l’autre, il peut passer d'un état de lucidité relative à un moment de grande somnolence ou de confusion.

Ces variations de l’attention sont imprévisibles et font partie des symptômes les plus déroutants de ce type de démence.

Lire aussi : Quels sont les signes de fin de vie dans la maladie d’Alzheimer ?

 

 

Quelles sont les causes directes de décès dans la maladie à corps de Lewy ?

La MCL n'est pas directement mortelle. Mais alors comment meurt-on de la maladie à corps de Lewy ?

Les infections respiratoires et pneumonies d'inhalation

La principale cause de décès chez les personnes atteintes de la MCL est l’ infection pulmonaire, notamment la pneumonie d'inhalation.  Cette complication peut en effet apparaître à cause des troubles de la déglutition qui entraînent des fausses routes.

L'aspiration répétée de débris alimentaires provoque une inflammation bactérienne sévère au niveau des poumons. 

Au stade terminal de la démence, ces infections respiratoires s'avèrent très difficiles à guérir malgré l'intensité des soins médicaux prodigués.

 

Les complications cardiovasculaires et troubles du rythme

La maladie à corps de Lewy détruit les cellules nerveuses qui gèrent les réflexes automatiques du corps tels que les battements cardiaques et la circulation sanguine. La personne atteinte souffre souvent d'hypotension orthostatique sévère et de troubles du rythme, des symptômes également partagés avec la maladie de Parkinson. 

Les chutes sont également très fréquentes chez les personnes âgées souffrant de la maladie à corps de Lewy. Ces accidents sont souvent dus aux symptômes moteurs et à la rigidité des membres qui affectent le malade. Les chutes ont souvent des conséquences graves, comme une fracture du col du fémur. La personne est alors hospitalisée en urgence et immobilisée sur une période assez longue.

Pour l'organisme affaibli par la maladie, ce choc physique accélère bien souvent le processus de fin de vie.

 

La dénutrition et déshydratation sévères

Avec l’évolution de la MCL, le malade a tendance à perdre l’appétit. Les difficultés à mâcher et le refus de s'alimenter peuvent causer une dénutrition sévère. 

À ce stade, même en adaptant la texture des repas (comme des purées ou des mixés), le corps du malade s'épuise. Il perd progressivement du poids et des forces jusqu’au décès. C'est le même processus que l'on observe en fin de vie dans la maladie d'Alzheimer.

 

Quelle est l'espérance de vie avec la maladie à corps de Lewy ?

Connaître l'évolution de la maladie permet aux familles de mieux organiser le quotidien et de mieux se préparer pour la suite. 

Les statistiques actuelles en 2026

Selon l'association France Alzheimer, l'espérance de vie moyenne après le diagnostic de la maladie à corps de Lewy est généralement comprise entre 5 et 8 ans. 

Cette estimation reste toutefois très variable d'une personne à l'autre. 

Les facteurs qui influencent la progression de la maladie

Plusieurs facteurs jouent en effet un rôle déterminant dans la progression de la maladie : 

- L'âge au moment du diagnostic, 

- L'état de santé général 

- La présence d'autres maladies 

- La sévérité des symptômes

- La qualité de la prise en charge

La maladie à corps de Lewy progresse souvent plus rapidement que la maladie d'Alzheimer, car elle combine des troubles cognitifs, moteurs et comportementaux. 

 

La variabilité individuelle de l'évolution

La maladie à corps de Lewy n’évolue pas de la même manière chez tous les patients. 

Certains présentent principalement des troubles de la mémoire, de l'attention ou du raisonnement, tandis que d'autres développent rapidement des difficultés motrices proches de celles observées dans la maladie de Parkinson.  

À domicile ou en établissement, la prise en charge de la MCL repose donc sur des soins sur-mesure, adaptés à chaque stade d'évolution de la maladie.

 

Comment accompagner dignement une personne en fin de vie atteinte de la maladie à corps de Lewy?

En fin de vie, l’objectif est surtout de soulager le malade et d’améliorer sa qualité de vie.

Les soins palliatifs et le confort du patient

En phase terminale, l'objectif des traitements n’est plus de ralentir la progression de la maladie mais d’améliorer le confort et la qualité de vie du patient. À domicile ou en établissement, ce sont donc les soins palliatifs qui prennent le relais.

L'objectif principal de cette prise en charge est de : 

- soulager la douleur ;

- apaiser l'anxiété, l'agitation ou réduire les hallucinations lorsqu'elles sont présentes ;

- assurer le confort respiratoire ;

- préserver la dignité et le bien-être de la personne.

Les équipes soignantes veillent également à changer régulièrement la position de la personne âgée pour éviter ou limiter les escarres

 

Le rôle crucial des aidants et des proches

Même si la personne semble complètement "déconnectée" de la réalité, qu’elle ne communique plus par la parole ou ne reconnaît plus les visages, elle conserve une certaine sensibilité aux émotions, au ton de la voix et à la présence de ses proches. Elle a donc besoin d’une présence rassurante à ses côtés pour être apaisée.

Pour remplacer la communication verbale, d’autres moyens peuvent être employés : un regard bienveillant, des paroles rassurantes prononcées avec une voix douce, une main posée sur son épaule… 

Cependant, les proches aidants ont bien souvent eux aussi besoin de soutien. Accompagner au quotidien un proche atteint de démence peut être épuisant physiquement et psychologiquement. C’est pourquoi, ils doivent eux aussi, être épaulés par des professionnels et mettre en place une solution de répit lorsque cela s’avère nécessaire.

 

L'importance d'un environnement sécurisé et adapté

Pour limiter les risques de chute, le domicile de la personne doit être sécurisé. On conseille notamment de : 

- Dégager les passages et retirer les tapis ou les objets qui pourraient provoquer une chute.

- Privilégier un lit médicalisé bas afin de réduire les risques de blessure en cas de chute.

- Installer un éclairage doux et suffisant, notamment la nuit, pour aider la personne à mieux se repérer dans son environnement.

- Éviter les zones trop sombres ou les jeux d'ombres qui peuvent être source de confusion et parfois être pris pour des hallucinations visuelles.

- Aménager un environnement calme et rassurant, avec des repères familiers, afin de réduire l'anxiété et la désorientation.

 

Les solutions d'hébergement en EHPAD spécialisé

Quand le maintien à domicile devient impossible en raison de l'aggravation de la démence, une orientation en EHPAD spécialisé peut s'imposer. 

Ces maisons de retraite médicalisées disposent d'équipes formées à la prise en charge des maladies neurodégénératives, notamment la maladie à corps de Lewy. 

L'environnement y est sécurisé afin de limiter les risques de chute et de désorientation. Les résidents bénéficient d'une aide pour les gestes du quotidien, d'un suivi médical régulier et d'un accompagnement adapté à l'évolution de leurs symptômes. 

Les professionnels sont également formés à gérer les hallucinations, les fluctuations cognitives et les troubles du comportement qui peuvent survenir au cours de la maladie. 

 

Sources :
https://www.francealzheimer.org/

https://association-maladie-corps-lewy.a2mcl.org/

https://www.frcneurodon.org/

Questions fréquentes

En fin de vie, il est souvent difficile de savoir précisément si la personne souffre, car elle peut ne plus être en mesure de l’exprimer. Les équipes médicales suivent alors l’évolution des symptômes pour adapter les traitements.

 

Bien qu'il n'existe aucun traitement curatif pour la maladie à corps de Lewy, il est toutefois possible d’améliorer la qualité de vie des malades. Aux premiers stades de la MCL, certains médicaments permettent de stabiliser les troubles cognitifs et la kinésithérapie aide à maintenir une certaine mobilité. 

 

Il ne faut jamais contredire frontalement une personne qui hallucine, car cela renforcerait son sentiment d'insécurité face à la maladie. La meilleure attitude consiste à valider l'émotion ressentie tout en la rassurant calmement sur sa sécurité immédiate. Si ces symptômes de la démence deviennent terrorisants, le médecin traitant devra adapter les traitements et les soins médicaux.

Dans les derniers jours ou les dernières semaines, la personne dort généralement beaucoup plus et semble de plus en plus fatiguée. Elle communique moins, répond moins, et peut, peu à peu, se replier sur elle-même. Elle mange et boit aussi beaucoup moins qu’avant.

On peut également observer une respiration plus irrégulière, parfois plus lente ou avec des pauses. Ces changements sont difficiles à voir pour les proches, mais ils font souvent partie de cette étape très avancée de la maladie.

 

Le placement en maison de retraite médicalisée doit être envisagé dès lors que la sécurité de la personne n'est plus garantie (chutes répétées, fausses routes…) ou lorsque l'épuisement de l'aidant devient critique face à la maladie. 

 

Lorsqu’une personne âgée entre en maison de retraite, la place de l’aidant change mais reste indispensable. Il n’occupera plus le rôle d’auxiliaire de vie mais devra néanmoins continuer à rester aux côtés de son proche pour le rassurer, lui apporter une présence réconfortante et contribuer à son bien-être.

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