Les décès du coronavirus en EHPAD: relativiser sans minimiser


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Les décès du coronavirus en EHPAD: relativiser sans minimiser
Les décès du coronavirus en EHPAD:  relativiser sans minimiser

« Si la communication grand public quotidienne sur la pandémie Covid-19 est déjà démoralisante et inquiétante, celle sur les décès en EHPAD est carrément traumatisante pour l’ensemble des parties prenantes, à commencer par les résidents eux-mêmes et leurs familles, mais aussi pour l’ensemble des professionnels et de leur entourage. » a commenté la Fédération Nationale Avenir et Qualité de Vie des Personnes Agées. (FNAQPA)

 

Ce constat marquant publié le 6 mai dernier sur le site de la Fédération est à l’origine et introduit une note très complète d’analyse sur la question des décès en EHPAD. Sur la base de sources émanant, sur le plan national, de Santé Public France, l’INSEE et  la DREES autant que de références internationales incontournables, la FNAQPA se penche sur le sujet brûlant des décès des personnes âgées liés au Covid-19, de l’interprétation réelle des chiffres, d’un comparatif national et international. 

Une population fragilisée en EHPAD

La note de la FNAQPA rappelle avant tout, chiffres à l’appui, que la moyenne d’âge des quelques 600 000 personnes âgées qui  vivent au sein des 7500 maisons de retraite réparties sur tout le territoire français est de 87 ans. Une population par définition plus fragile et davantage exposée aux complications liées au virus. La France déplore une majorité de décès de personnes âgées de plus de 65 ans, que ce soit à l’hôpital ou en Ehpad. Des personnes en perte d’autonomie, très âgées, une population que l’on sait davantage victime des complications du coronavirus. 

L’épidémie en Ehpad, un reflet de la société

De manière générale, pour que les chiffres ne nous mènent pas à des interprétations erronées, il est important de les replacer dans un certain contexte. Dans le sujet qui nous préoccupe ici, il apparaît clairement, à la lumière des résultats recueillis par la Fédération, de diverses sources fiables comme Santé Publique France et la DGCS, (Direction générale de la cohésion sociale), que la situation en Ehpad représente un reflet fidèle de la réalité au dehors, toutes proportions gardées. Les établissements les plus touchés par l'épidémie suivent la même cartographie de  contamination que les régions de France. Il en est de même pour les décès à l’hôpital. Ainsi, les régions qui ont connu le plus de cas de covid-19, et de décès parmi eux, sont également celles où les ehpad ont dû affronter les situations les plus difficiles. Avec une prédisposition en plus : l’âge avancé et la fragilité des résidents. 

Un indice à prendre en compte : surmortalité plutôt que mortalité

Selon les scientifiques, il s’agit de l’indice le plus pertinent puisqu’il nous permet de connaître les dégâts réels causés par le Covid-19. La FNAQPA, dans sa note, explique également que cet indicateur est d’autant plus nécessaire que lors des premières semaines de l’épidémie on ne disposait pas de tests suffisants et tous les décès étaient attribués au virus, qu’il s’agisse de cas confirmés ou “suspects”. La  cause de décès en établissements pouvaient donc bel et bien être autre et tout de même attribuée au virus. En considérant uniquement le taux de mortalité seul, on peut donc arriver à des conclusions erronées sur la réelle ampleur des décès liés uniquement à l’épidémie de Coid-19. Il ne faut pas oublier que malheureusement “on meurt en Ehpad”, rappelle la FNAQPA, avec ou sans épidémie de Covid-19. Au-delà de l’épidémie, les Ehpad qui comptent en majorité des personnes en perte d’autonomie et très âgées déplorent chaque année des décès. Rappelons que la période la plus virulente de l’épidémie a également coïncidé avec la grippe qui fait encore chaque année de nombreuses victimes parmi les plus âgés. 

Il est donc pertinent d’analyser le taux de surmortalité, et non de mortalité, que l’on recense depuis le début de l’épidémie par rapport aux chiffres habituels. Ces informations, pour l’instant disponibles pour le mois de mars uniquement, indiquent une hausse des décès en établissements de 12% par rapport à l’année 2019 et pas plus qu’en 2018. Quant à elle, la surmortalité nationale de mars 2020 est également de 10% par rapport aux chiffres de 2019 à la même période. Une autre comparaison permet à nouveau de relativiser les gros titres de ces dernières semaines qui ont semblé stigmatiser la gestion de la crise en Ehpad. Les données internationales concernant la progression et les dégâts du Covid-19 font état non seulement d’une transparence exemplaire de la part de la France mais également de résultats qui s’intègrent parfaitement dans la moyenne  des données européennes. 

Ainsi, lorsque l’on souhaite se faire une idée de la situation en EHPAD, il est impératif de ne pas sortir les chiffres de leur contexte parce qu’ils ne font qu’alarmer et créer la panique. Même si chaque décès représente une famille, un vécu, une personnalité que l’on déplore, de nombreux résultats chiffrés et de sources sûres permettent de montrer que les établissements ont été victimes de l’épidémie dans une mesure comparable à ce que l’ensemble de la population a vécu. 

“Mais arrêtons de jouer à nous faire peur avec des chiffres bruts sortis de leur contexte, et rappelons qu’à ce jour 98% de nos résidents sont bien vivants,” conclut la FNAQPA dans sa note.

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