Refus de soins chez les personnes âgées : que faire et quels recours ?


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Refus de soins chez les personnes âgées : que faire et quels recours ?

Publié le 07/05/2026

Refus de soins chez les personnes âgées : que faire et quels recours ?

Chaque année en France, des milliers de seniors se retrouvent confrontés à un paradoxe douloureux : des actes médicaux leur sont imposés sans leur accord, ou à l'inverse, des praticiens refusent de les prendre en charge. Le refus de soins chez les personnes âgées est une réalité aux multiples facettes, qui soulève de nombreuses interrogations. Qui décide ? Jusqu'où peut-on forcer quelqu'un à se soigner ? Quels recours existent ?

Retraite Plus, vous propose un guide complet pour comprendre ce phénomène, connaître vos prérogatives et celles de vos proches, et savoir comment réagir face à ces cas délicats.

 

En bref

  • Le refus de soins peut provenir du senior lui-même ou du praticien, chaque situation ayant des implications légales différentes.
  • La loi Kouchner de 2002 et la loi Claeys-Leonetti de 2016 renforcent les droits des patients, y compris ceux des personnes âgées, en matière de consentement et d'autonomie.
  • La question du consentement aux soins devient plus complexe pour les seniors sous protection juridique, avec des distinctions entre tutelle et curatelle.

Qu'est-ce que le refus de soins ?

Cette notion recouvre deux réalités bien distinctes.

Le refus de soins émanant du senior lui-même

Chaque individu - quel que soit son âge - est en droit de refuser un traitement, même salvateur. C’est un principe fondamental de la loi française. Une personne âgée en pleine possession de ses facultés peut ainsi décider de ne pas subir une opération, d'interrompre une chimiothérapie ou de s’opposer à une hospitalisation.

 

Le refus de soins émanant du praticien

Dans ce cas, c’est le professionnel de santé qui refuse de prendre en charge un patient âgé. Ce rejet peut être lié à l'âge, au statut social, au type de mutuelle ou à la complexité de la prise en charge. Dans de nombreux cas, il s’agit d’une discrimination illégale.

 

Les actes médicaux imposés sans consentement

À l'inverse, certains aînés - notamment en établissement d’accueil - subissent parfois des traitements sans avoir donné leur accord. Il s’agit d’une violation de leurs libertés fondamentales qui peut s'apparenter à de la maltraitance.

 

Le cadre légal : que dit la loi ?

En France, plusieurs lois et dispositifs existent pour protéger les personnes âgées, notamment en ce qui concerne leur santé, leur autonomie et leurs droits juridiques.  

La loi Kouchner de 2002 

La loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades (dite loi Kouchner) a profondément renforcé les prérogatives des patients en France. Elle pose des principes clairs :

- Tout individu a le droit d'être informé sur son état de santé et les traitements proposés.

- Le malade doit donner son accord libre et éclairé du malade avant tout acte médical.

- Tout majeur peut décliner un traitement, même si ce choix met sa vie en danger.

Ces dispositions s'appliquent pleinement aux seniors.

 

La loi Claeys-Leonetti de 2016

Adoptée en 2016, ce texte renforce encore les droits des personnes en fin de vie. Il reconnaît notamment :

- Le droit à la sédation profonde et continue pour les patients atteints d'une maladie incurable en phase terminale.

- La valeur contraignante des directives anticipées, qui permettent à la personne d’exprimer à l’avance ses souhaits concernant sa fin de vie.

- Le rôle clé de la personne de confiance, choisie par le malade pour porter sa voix s'il n'est plus en mesure de s'exprimer.

 

Qu’en est-il du refus de soins si la personne âgée est sous protection juridique ?

Lorsqu'un senior fait l'objet d'une mesure de protection juridique (tutelle, curatelle), la question du consentement aux soins devient plus complexe :

- Sous curatelle : le protégé conserve en principe sa capacité à consentir aux soins.

- Sous tutelle : le tuteur peut être consulté, mais en cas de désaccord, c’est le praticien qui tranchera, dans l'intérêt du patient.

- Pour les actes médicaux graves, il est parfois nécessaire d’obtenir l'autorisation du juge des contentieux de la protection.

Lire aussi : Quelle est la différence entre tutelle et curatelle ?

 

Pourquoi un senior refuse-t-il les soins ?

Pour trouver une solution adéquate à la situation, il faut déjà comprendre pourquoi la personne âgée refuse les soins qui lui sont nécessaires. Bien souvent, ces raisons sont multiples et entremêlées.

Des raisons médicales et cognitives

- Des troubles cognitifs (maladie d'Alzheimer, démences) : le personne âgée peut ne plus être en mesure de comprendre son état de santé. Son opposition ne reflète pas nécessairement sa volonté profonde.

- Une dépression et une apathie : lorsqu’une personne âgée souffre d’une dépression non traitée, elle peut se désintéresser de sa santé.

- La crainte d’effets secondaires : certains traitements comme les psychotropes ou la chimiothérapie, entraînent des effets secondaires jugés pénibles.

 

Des raisons psychologiques et émotionnelles

- La peur du diagnostic : parfois, les seniors refusent certains examens certains par crainte d'apprendre une mauvaise nouvelle.

- Un sentiment de perte d'autonomie : accepter une prise en charge, c'est parfois admettre sa vulnérabilité, ce que beaucoup vivent douloureusement.

- La volonté de maîtriser sa fin de vie : certains patients âgés font le choix délibéré d'interrompre la prise en charge pour mourir dans la dignité.

 

Des raisons pratiques et sociales

- Des difficultés d'accès aux soins : parfois, des problèmes de mobilité, l’éloignement des structures médicales ou le coût des soins médicaux bloquent la prise en charge.

- De la méfiance envers le corps médical : si la personne âgée a eu une mauvaise expérience par le passé, il se peut qu’elle refuse les soins. 

- La pression de l'entourage : parfois, c'est la famille qui, inconsciemment, freine la démarche de prise en charge.

 

Discrimination médicale liée à l'âge : quand les praticiens refusent de soigner les seniors

Moins abordé que la question du consentement, le refus de soins opposé aux aînés par des professionnels de santé est pourtant une réalité concrète.

Les formes de discrimination médicale liées à l'âge

Le refus de soins ne se manifeste pas toujours de façon évidente. Il peut prendre des formes plus discrètes, parfois même inconscientes, mais tout aussi préjudiciables pour les personnes âgées. Il peut s’agir notamment : 

- Du refus de prescription de certains soins ou médicaments jugés "inutiles" pour des patients âgés.

- De l’exclusion de protocoles cliniques sur des critères d'âge.

- D’un accès difficile à certains spécialistes (chirurgiens, oncologues…).

- Du refus de certains praticiens de prendre en charge des bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (CSS) ou de la CMU.

 

Ce que dit la loi

L'article L.1110-3 du Code de la santé publique interdit toute discrimination dans l'accès aux soins. Refuser de soigner quelqu'un à cause de son âge, de son handicap ou de sa couverture maladie, est illégal. La loi est claire là-dessus. Un médecin ne peut pas rejeter un patient pour ces motifs. Il existe cependant des exceptions légitimes par exemple : lorsque l’agenda du médecin est complet, que sa spécialité n’est pas adaptée à la situation du patient, ou que sa compétence ne correspond pas à ses besoins. 

 

Comment signaler un refus de soins illégal ?

Si vous ou un proche avez subi un rejet injustifié, vous pouvez :

  1. Contacter le Défenseur des droits : c'est l'organisme indépendant chargé de traiter les discriminations, notamment dans l'accès aux soins. La démarche est gratuite et confidentielle. 

  2. Saisir l'Ordre des médecins (Conseil départemental) : il peut examiner votre plainte et engager une procédure disciplinaire contre le praticien concerné. 

  3. Signaler à l'Assurance maladie : elle dispose d'une procédure spécifique pour traiter ce type de situation.  

  4. Porter plainte : dans les cas les plus graves, une plainte pénale est possible. pénalement.

Refus de soin en EHPAD : un contexte particulièrement complexe

En EHPAD, la question du consentement aux soins est particulièrement délicate.  

Les droits des résidents en EHPAD

Tous les résidents bénéficient des mêmes droits que n'importe quel patient :

- Le droit à l'information sur son état de santé.

- Le droit de refus de traitements et d'actes médicaux.

- Le droit à la dignité et au respect de son intégrité physique.

- Le droit de désigner un référent de confiance.

Ces principes sont rappelés dans la charte des droits et libertés de la personne accueillie, que tout établissement doit afficher et remettre à ses résidents.

 

Non-accès aux soins et maltraitance

Dans certains cas, c'est l'établissement lui-même qui prive un résident de soins et non pas le patient. Il peut s'agir :

- D'un manque de personnel qui conduit à négliger certains actes.

- Du fonctionnement de l’établissement qui banalise le non-respect des volontés des résidents.

- Dans les cas extrêmes, d'une forme de maltraitance par négligence.

Si vous suspectez une telle dérive, vous pouvez :

- Alerter le médecin coordonnateur de l'établissement.

- Contacter le Conseil départemental et les services de protection des majeurs.

- Appeler le 3133, numéro national de lutte contre la maltraitance des aînés.

 

Lire aussi : Droits des résidents en EHPAD : tout ce qu’il faut savoir

 

Comment réagir face au refus de soins d'un proche âgé ?

Lorsqu'un parent âgé rejette des traitements qui semblent nécessaires à sa santé ou à sa qualité de vie, cela peut générer une grande détresse chez l’entourage. Voici comment aborder ce type de cas avec bienveillance.

Étape 1 : Comprendre avant d'agir

Avant toute chose, cherchez à identifier les raisons profondes de ce rejet :

- Votre proche a-t-il bien saisi sa réalité médicale ?

- Souffre-t-il de troubles cognitifs pouvant altérer son jugement ?

- A-t-il peur, ou se sent-il sous pression ?

 

Étape 2 : Favoriser le dialogue

Un refus de soins est rarement définitif. Parfois, le fait d’expliquer avec douceur et sans pression, peut permettre de lever certains blocages. Il est également possible de solliciter l'intervention d'un médecin, d'un psychologue ou d'un travailleur social pour faciliter les échanges.

 

Étape 3 : Respecter la volonté exprimée

Si votre proche est lucide et a exprimé un refus libre et éclairé, son choix doit être respecté même s'il est difficile à accepter. On ne peut pas imposer des soins à quelqu'un sans son accord. C'est illégal. 

 

Étape 4 : Consulter un spécialiste du grand âge

Si vous avez besoin d’aide, un gériatre ou un médecin spécialisé en soins palliatifs peut vous aider à y voir plus clair. Ces professionnels ont l'habitude de gérer ce type de situations délicates, notamment en fin de vie. 

 

Étape 5 : Envisager la mise en place d’une protection juridique

Si vous pensez que votre proche n’est plus en mesure de prendre des décisions éclairées le concernant, vous pouvez demander à un médecin d’évaluer sa capacité de discernement. Parfois, il peut être nécessaire de mettre en place une mesure de protection juridique pour protéger sa santé et ses intérêts. 

Lire aussi : L’entrée en EHPAD peut-elle dépendre d’une décision juridique ?

 

Les directives anticipées : prévoir pour mieux protéger

Les directives anticipées permettent de faire respecter la volonté de la personne malade même lorsque celle-ci ne peut plus s’exprimer.

Que sont les directives anticipées ?

Il s'agit d'un document écrit dans lequel vous indiquez, à l'avance, vos souhaits concernant les traitements que vous souhaitez ou ne souhaitez pas recevoir si vous vous trouvez un jour dans l'incapacité de vous exprimer (coma, démence avancée, etc.).

 

Ce que vous pouvez y indiquer

- Le rejet de l'acharnement thérapeutique.

- Le souhait d'une sédation en cas de souffrance insupportable.

- Le refus ou l’acceptation de la réanimation.

- Les volontés concernant les soins de confort.

 

Comment rédiger ses directives anticipées ?

- Le document doit être écrit, daté et signé de votre main.

- Il doit être conservé dans un endroit accessible et communiqué à votre praticien traitant et à votre référent de confiance.

- Il peut être modifié ou révoqué à tout moment.

- Il est possible de l'enregistrer dans le dossier médical partagé (DMP).

FAQ : questions fréquentes sur le refus de soins chez les personnes âgées

Un praticien peut-il forcer un senior à se soigner ?

Non. Sauf urgence vitale absolue ou incapacité juridique avérée, aucun professionnel de santé ne peut imposer des actes à un patient qui les décline clairement. Le respect du consentement est un principe fondamental de l'éthique médicale.

 

Que faire si mon parent atteint d'Alzheimer refuse ses médicaments ?

Ce cas est fréquent et délicat. Il faut d’abord réussir à savoir si le rejet lié à la maladie (qui peut être contourné par des adaptations pratiques) ou s’il s’agit d’un refus éclairé. N’hésitez pas à en parler à un gériatre ou un spécialiste de la mémoire.

 

Le refus de soins est-il toujours légal ?

Tout majeur lucide est en droit de refuser un traitement : c'est légal. En revanche, un praticien qui refuse de prendre en charge un patient pour des motifs discriminatoires enfreint la loi.

 

Quels recours si un EHPAD ne respecte pas les prérogatives d'un résident ?

Vous pouvez alerter le médecin coordonnateur de l'établissement, saisir le Conseil de la vie sociale (CVS), contacter le Défenseur des droits, le Conseil départemental ou appeler le 3133.

Sources :
Loi n°2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades,
Loi n°2016-87 du 2 février 2016 dite Claeys-Leonetti,
Code de la santé publique (art. L.1111-4, L.1110-3),
Haute Autorité de Santé (HAS), Défenseur des droits.

 

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