Unité cognitivo-comportementale (UCC) : quel accompagnement pour votre proche atteint de démence ?


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Agitation, agressivité, anxiété ou désorientation… Les maladies neurodégénératives comme Alzheimer sont à l’origine de nombreux troubles du comportement. En période de crise, ces troubles peuvent s’accentuer au point de nécessiter une prise en charge spécialisée à l’hôpital, en Unité Cognitivo-Comportementale. Ces structures médicales prodiguent alors au malade les soins nécessaires pour stabiliser son état et lui permettre de regagner son lieu de vie dans de bonnes conditions. Mais concrètement, qu’est-ce qu’une UCC ? À qui s’adresse-t-elle ? Comment se déroule un séjour ? Quels bénéfices pour les malades et leurs aidants ?  

UCC : définition et missions 

Les UCC accueillent des personnes âgées atteintes de démence. Elles offrent un accompagnement de courte durée, mais particulièrement encadré.

Qu’est-ce qu’une UCC ?

Les Unités Cognitivo-Comportementales sont des structures d’accueil spécialisées pour les personnes âgées souffrant de troubles du comportement liés à la maladie d’Alzheimer ou tout autre maladie apparentée. Elles sont généralement rattachées à un centre de Soins de Suite et de Réadaptation (SSR) d’un établissement hospitalier. 

Les malades sont orientés vers ces structures en cas de crise, lorsque la situation devient trop complexe pour être gérée à domicile ou en maison de retraite.

 

Quelles sont les missions des UCC ?

Ces unités occupent une place bien spécifique dans le parcours de soins. 

Concrètement, elles visent notamment à : 

  • comprendre l’origine des troubles,

  • proposer et mettre en place des thérapies adaptés pour apaiser la personne âgée,

  • soutenir et améliorer les capacités restantes de la personne âgée,

  • préparer le retour à domicile ou en établissement d’accueil.

Quel est le rôle de ces unités dans le parcours de soins Alzheimer ?

Plusieurs situations peuvent déclencher une crise chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer : une douleur physique, la perte d’un être cher, une entrée en établissement… L’UCC agit alors comme un sas de stabilisation. Les patients évoluent dans un environnement rassurant et sécurisé et sont encadrés par une équipe pluridisciplinaire spécialisée. L’objectif est de leur permettre de retrouver un équilibre émotionnel avant d’envisager sereinement la suite du parcours de vie.

UCC Unité cognitivo comportementale pour les troubles du comportement chez les personnes âgées atteintes d'Alzheimer : une infographie de retraite plus pour tout comprendre

Admission en UCC : pour qui et pour quoi ?

L’entrée en UCC est généralement envisagée lorsque les approches classiques ne suffisent plus. L’objectif est d’offrir un cadre sécurisé, avec une équipe formée, capable d’adapter rapidement le suivi aux besoins spécifiques de chacun.

À qui s’adressent les UCC ?

Ces unités spécialisées s’adressent à des personnes âgées : 

  • Atteintes d’une maladie neurodégénérative (Alzheimer, démence à corps de Lewy, démence fronto-temporale…)

  • Présentant des troubles du comportement importants difficiles à gérer par les proches ou pas les professionnels de santé

  • Valides, c’est-à-dire, capable de participer aux ateliers proposés par l’équipe (art-thérapie, stimulation sensorielle, cuisine thérapeutique…)

  • N’ayant pas de pathologie grave non stabilisée (infection sévère, fracture récente…)

Quels troubles sont pris en charge en UCC ?

Les troubles traités dans ces petites structures sont assez variés. Il s’agit la plupart du temps de comportements problématiques qui impactent fortement la qualité de vie du malade et celle de son entourage.

Il peut notamment s’agir :

  • d’agitation ou de déambulations excessives

  • d’anxiété ou d’angoisses importantes

  • d’agressivité verbale ou physique

  • de perturbations du sommeil

  • d’hallucinations ou d’idées délirantes

Ces symptômes ne sont jamais anodins. Ils traduisent souvent une souffrance qu’il est important de soulager.

Lire aussi :Connaissez-vous les 5 types de démence et leurs différences ?

En UCC, les personnes âgées atteintes d'Alzheimer peuvent déambuler en tout sécurité.

 

Comment faire une demande d’admission en UCC ?

L’admission se fait suite à une évaluation médicale préalable. La demande peut être faite par : 

  • Le médecin traitant, si le malade vit chez lui

  • Le médecin coordonnateur, si le malade vit en établissement d'accueil

Le patient est généralement orienté vers un service de Soins Médicaux et de Réadaptation (anciennement SSR) disposant d’une unité spécialisée. 

Chaque unité dispose de ses propres modalités d’admission. Une fois la demande acceptée, l’entrée est organisée selon les places disponibles. Il est donc important de ne pas attendre que la situation s'aggrave pour réagir.

 

Quel coût pour un séjour en UCC ?

En règle générale, la Sécurité sociale rembourse 80 % des frais d'accueil. Les 20 % restants, appelés « ticket modérateur », sont à la charge du patient, mais peuvent être remboursés par sa mutuelle. Selon la situation, d'autres frais peuvent s'ajouter.

Il est conseillé de se renseigner en amont auprès de l’établissement ou des services sociaux. 

 

La vie en Unité Cognitivo-Comportementale

Contrairement aux UHR et aux UVP, le séjour en unité cognitivo-comportementale est temporaire. Il dure généralement 3 à 4  semaines (parfois jusqu’à 3 mois), le temps de calmer la situation et de mettre en place des solutions adaptées. 

À quoi ressemble le quotidien en UCC ?

Ces structures à taille humaine accueillent généralement 10 à 15 personnes maximum, qui sont logées dans des chambres individuelles spacieuses et sécurisées.

Le quotidien est organisé pour ressembler le plus possible à la vie à domicile. Il s'articule autour d'un grand salon commun et d'une cuisine où l'on partage les repas. La journée est ponctuée d'activités encadrées : ateliers mémoire, jardinage, séances de relaxation... L'espace est conçu pour permettre aux résidents de circuler et déambuler librement en toute sécurité dans des couloirs circulaires ou des jardins clos.

 

Quelle prise en charge en Unité Cognitivo-Comportementale ?

Chaque résident bénéficie d’un accompagnement individualisé, basé sur une approche holistique. En tenant compte de l’état de santé, du vécu et des habitudes de vie du résident, les professionnels élaborent un programme de soins personnalisé pour répondre à ses besoins spécifiques. 

 

Quelles approches thérapeutiques sont pratiquées dans ces unités ?

Le traitement repose principalement sur des approches non médicamenteuses. La thérapie cognitivo-comportementale est très fréquemment utilisée pour résoudre les problèmes de stress et d’anxiété ainsi que les idées obsessionnelles.

De nombreuses activités thérapeutiques sont également mises en place pour améliorer et valoriser les capacités physiques et cognitives restantes et favoriser le bien-être : 

  • L'approche Snoezelen pour aider à se relaxer et réduire l'agressivité.

  • La cuisine thérapeutique pour travailler la motricité fine et réactiver la mémoire des gestes du quotidien, dans une ambiance conviviale.

  • La médiation animale pour briser l'isolement, apaiser les tensions et susciter des émotions positives immédiates.

  • La musicothérapie pour réduire l'agitation. La musique est souvent le dernier "langage" qui reste accessible aux patients.

  • Le jardinage adapté pour mieux se situer dans le temps (saisons) et réduire le besoin de déambulation incessante.

  • Les ateliers mémoire et réminiscence pour encourager le malade à raconter ses souvenirs, renforcer son sentiment d'identité et son estime de soi.

Cependant, en cas de nécessité, des médicaments peuvent compléter ces thérapies alternatives.

 

Quel est le rôle de l’équipe pluridisciplinaire ?

Le fonctionnement d’une UCC repose sur une équipe pluridisciplinaire composée de professionnels de santé formés aux troubles cognitifs et comportementaux. Médecins, infirmiers, psychologues ou encore ergothérapeutes travaillent ensemble pour proposer un accompagnement adapté.

Au quotidien, ils collaborent pour ajuster rapidement les soins et suivre régulièrement l’évolution du résident. 

 

Quel est le rôle des familles ?

Les proches jouent un rôle clé dans l'accompagnement du malade. La plupart du temps, ce sont eux qui fournissent à l’équipe toutes les informations nécessaires pour leur permettre de mieux cerner leur parent malade, son histoire et ses habitudes de vie.

Les professionnels de la structure aident quant à eux, la famille à mieux appréhender la démence et ses conséquences. Ils leur prodiguent des conseils concrets pour mieux gérer certaines situations au quotidien.

 

Quels sont les bénéfices pour les patients et pour leurs proches ?

Bien souvent, le passage en UCC permet de réduire de façon significative les troubles du comportement. Le malade retrouve un certain apaisement, ce qui a un impact direct sur sa qualité de vie. La relation avec les proches et avec les professionnels de santé s’en trouve également facilitée ce qui simplifie l'accompagnement  à domicile ou en maison de retraite. 

Pour les familles, ce séjour constitue également un temps de répit, mais aussi un moment d’apprentissage. Elles repartent avec des repères et des solutions concrètes, ce qui leur permet de mieux accompagner leur proche au quotidien. 

 

Après l’UCC : quelles solutions ?

À l’issue du séjour, plusieurs solutions sont envisageables. 

  • Le retour à domicile si le malade vivait chez lui avant son entrée en unité spécialisées

  • La réintégration de l'établissement d’accueil, s’il résidait en maison de retraite

  • L’entrée en maison de retraite, s'il ne peut plus vivre chez lui

L’objectif principal est d’assurer la continuité des soins, quel que soit le lieu de résidence du malade. 

 

A savoir :

 

Pour que le malade puisse rentrer chez lui en toute sécurité,

  • les troubles doivent être stabilisés,

  • le logement doit être aménagé,

  • une aide à domicile doit être mise en place

  • les proches doivent être disponibles pour soutenir le malade

  • la personne âgée ne doit pas présenter de pathologie nécessitant des soins complexes et une surveillance constante.

 

Sources :

bulletins-officiels.social.gouv.fr

aides.francealzheimer.org

www.iledefrance.ars.sante.fr

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