La maladie d’Alzheimer pourrait-elle être réversible ?
La question n’a rien d’incongru.
Un médicament destiné à traiter les symptômes de la maladie d’Alzheimer, maladie considérée jusque-là comme incurable, pourrait peut-être permettre de soigner les patients.
Des recherches effectuées à Southampton, en Grande-Bretagne, montrent en effet qu’il est possible de réactiver, grâce au donépézil, des cellules du cerveau que l’on croyait pourtant irrémédiablement détruites.
Un médicament déjà connu :
Ce médicament, commercialisé sous le nom d’Aricept®, n’est pas tout à fait un inconnu.
Il fait partie de la famille des "inhibiteurs de la cholinestérase" utilisés depuis quelques années dans le traitement des symptômes légers à modérés de lamaladie d’Alzheimer.
Ces traitements permettent de diminuer l'activité de l'acétylcholinestérase, une enzyme responsable de la destruction de l'acétylcholine, substance chimique jugée importante pour l'apprentissage et la mémoire.
Jusque-là ils étaient prescrits afin de ralentir l’évolution de la maladie, et non pour la guérir. Or les médecins britanniques, qui ont testé ce médicament venu d’outre-Atlantique sur une femme de 70 ans souffrant de démence modérée, ont constaté une nette amélioration de son état.
Une réactivation des cellules :
Comme dans la plupart des études médicales, le donépézil a été administré à des patients qui ont, ensuite, subi des scanners cérébraux. "Les scanners initiaux de la septuagénaire semblaient montrer des dommages irréparables", affirme le Dr Paul Kemp, directeur du Département de médecine nucléaire à l’Université de Southampton et l’un des chefs de file du projet. Mais, poursuit-il, "après quatre mois de traitement, le scanner a clairement montré que les cellules que nous pensions mortes avaient été réactivées".
En clair, ces dernières n’étaient qu’assoupies et ne demandaient qu’à être stimulées pour se réveiller. "Visiblement, les médicaments comme Aricept® peuvent contrebalancer les dommages causés par la maladie d’Alzheimer en augmentant le nombre de messagers chimiques destinés à stimuler l’activité du cerveau", explique le Dr Kemp. "Nous ne savons pas pourquoi ils agissent chez certains patients et pas chez d’autres, mais nous croyons que la présence de certains récepteurs cérébraux est importante". Reste à trouver ces récepteurs. Leur découverte permettrait en effet de confirmer ou d’infirmer la théorie selon laquelle ils sont les principaux vecteurs de la maladie d’Alzheimer.
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